À Paris, Harley rencontre l’actrice Oulaya Amamra, dans l'appartement qu'elle partage avec sa mère. Sa grâce et sa force l'ont portée jusqu'au grand écran, où elle incarne des personnages aussi complexes que fascinants.
Harley part ensuite à la rencontre de la photographe Momo Okabe et explore avec elle un Tokyo technicolor. Ensemble, elles retrouvent les modèles et les muses de Momo. Celles dont elle transforme et immortalise les corps dans les bars et les rues de la ville.
La poète Zariya Allen entraîne Harley Weir dans un périple à travers les sens, l’expression personnelle et la candeur sur les plages et les routes infinies de Los Angeles. Une ville qui dicte ses pas et inspire ses rimes.
À Soweto, la jeune et talentueuse danseuse sud-africaine Manthe Ribane, partage avec Harley son histoire, le chemin qu’elle a parcouru avec son frère et sa sœur et l’espoir qu’elle transmet à sa génération.
Dernière destination : Berlin, où Harley traverse la ville accompagnée de l’artiste Christine Sun Kim. Sa perspective singulière du monde est à l’image de sa pratique artistique – sensuelle et spirituelle.
Quelle est l'essence de notre singularité ? Est-ce le corps qui nous enveloppe ou ce que nous gardons enfoui, tapi en nous?
Oulaya Amamra
Délicate et téméraire, Oulaya Amamra incarne une féminité complexe et singulière. C’est à travers sa pratique de la danse classique, l’intimité qu’elle noue avec sa mère à la maison et dans l’enceinte de sa salle de gym qu’Oulaya prépare les rôles qu’elle s’apprête à endosser. La jeune actrice donne à chacun de ses personnages une identité, un passé et des souvenirs qui font écho à sa propre vie.


Ma mère est une personne très forte. Je suis née de son armure


Pour s'approprier et habiter ses personnages, il faut d'abord leur façonner une identité, un passé, une mémoire et une imagination.




Momo Okabe
Photographe, Momo est à l’origine d’une œuvre autobiographique qui questionne notre rapport au corps, sa représentation et son acceptation dans la société. Nous la rencontrons à Tokyo, le jour de son mariage et découvrons à ses côtés un nouveau versant de la capitale japonaise. Dans le quartier de Shinjuku, Momo nous immisce au sein d'une communauté gay soudée et nous présente celles qui l'animent – dont la plupart sont ses modèles et d’autres, ses amantes. À travers ce voyage, Momo donne à la photographie le sens le plus intime qui soit : celui d’une quête identitaire.


Tout est beau pour qui est sincère et innocent.


Libres à nous de devenir celles que nous voulons être.

Je ne réfléchis pas à la couleur. Je la photographie instinctivement, telle qu'elle s'offre à moi.



Zariya Allen
La poésie de la jeune Zariya déploie une obsession pour l'amour : on y retrouve ses songes et ses rêveries, les désirs qu'elle projette sur les hommes et ceux qu'ils lui renvoient. La poésie guide ses pas et rythme son présent alors qu'elle s'apprête à rentrer dans le monde adulte.


Si les femmes n'écrivent pas, si elles ne racontent pas leur histoire, alors le silence et l'ombre les condamnent.



Son amour est un feu ardent qui me réchauffe et me brûle vive. Je ne t'appartiens pas. Et je te dévorerai tout entier.


Manthe Ribane
L’histoire de Manthe se raconte en mouvement. Cette jeune danseuse sud-africaine partage avec ses frères et sœurs une même ambition : celle d'inspirer les enfants de son quartier à Soweto grâce à la danse, la musique et la performance. Au-delà de l'art, Manthe cherche surtout à rendre ces enfants fiers de ce qu'ils sont.


La seule chose qui nous reste, c'est le mouvement, le saut vers l'avant.



Cet endroit me ressource, il y règne un sentiment de solidarité et de passion partagée – l'énergie qui nous pousse à avancer.


Nos parents nous ont mis en garde : ne perds pas courage et crois en ce que tu fais

Christine Sun Kim
Christine Sun Kim est une artiste sonore dont l’univers s’est façonné sur un handicap : la surdité. Soucieuse de dépasser les limites et les diktats que lui impose la société, Christine comprend et ressent le son sans pour autant l’entendre. En tant qu’artiste, elle s’efforce de redéfinir le medium sonore à travers sa pratique. Avec elle, le son devient une image, un mouvement ou une idée.


J'ai grandi en apprenant l'Anglais et la langue des signes – et puis j'ai découvert l'art, ma langue à moi.


Lorsqu'on parle, notre expression peut se figer. Mais l'intonation, les balbutiements de la voix fluctuent au fil de la phrase et des émotions qu'elles génèrent. Mon visage retranscrit les idées et les sensations qui traversent mon esprit.

Le son peut prendre plein de formes différentes. Il est dans l'air, en nous, tout le temps – physiquement présent. Il est un concept, une idée.


Épisode 2
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